Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 18:20


« L’eau, source de vie », telle est la devise proclamée par l’Assemblée générale des Nations -Unies. Pour cette institution, la période 2005-2015 représente la Décennie internationale d’action en faveur de l’eau. La communauté internationale a reconnu l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un enjeu d’une importance cruciale pour le développement humain. Au niveau local, il est donc de notre devoir de nous interroger sur la motivation de notre commune à agir pour une véritable économie de l’eau.

 

Evidemment, tous les organismes vivants sont tributaires de l'eau. C'est en son sein que la vie s'est formée il y a près de trois milliards d'années. Marqués profondément par leur origine, les organismes terrestres sont composés d'eau pour, en moyenne, 65% de leur poids. Par exemple, un homme de 80 kilos totalement « déshydraté » pèserait moins de 30 kilos ! L’eau douce est indispensable à la vie et aux activités humaines. Or comme toute ressource naturelle, l’eau est inégalement répartie et épuisable. De plus, la qualité des eaux superficielles et des nappes phréatiques est de plus en plus dégradée et polluée. Une véritable action doit donc être entreprise afin de préserver cette ressource naturelle. Ce message a-t-il été bien reçu par nos élus ?  Apparemment oui, puisque d’après le quotidien La Provence en date du samedi 27/12/2008 la municipalité a reçu un diplôme de bon gestionnaire de l’eau. Cependant, l’on peut rester pour le moins perplexe lorsque c’est en fait la société Eco Power qui a délivré cette récompense. En effet, il s’agit de la société qui avait auparavant vendu des équipements à la mairie dans l’optique d’optimiser la gestion de la consommation d’eau. Dès lors, on ne s’empêcher de se poser la question suivante : la municipalité a-t-elle atteint ses objectifs en termes d’économie d’eau ? De quels chiffres disposons-nous ? Les Meyrarguais méritent d’être informés. Pourquoi et comment économiser l’eau ?

 

Economiser l’eau pourquoi ? 
Dans les pays du bassin méditerranéen, l’eau douce est une ressource de plus en plus rare et inégalement repartie. La preuve en est qu’en 2000, 130 millions de Méditerranéens vivaient dans des pays « pauvres en eau » (moins de 1000 m3/habitant/an), 45 millions vivaient dans une situation de « pénurie d’eau » (moins de 500 m3/habitant/an). Aujourd’hui, 30 millions de Méditerranéens n’ont pas accès à l’eau salubre, notamment dans les pays du Sud et de l’Est de notre pays et 27 millions sont privés d’un système d’assainissement adéquat. Selon des estimations, le nombre de personnes vivant en situation de pénurie d’eau s’accroîtra à 63 millions d’ici 2025. Ces chiffres doivent nous permettre de prendre conscience de cette situation préoccupante. Toute action des responsables politiques devrait avoir pour objet de préserver non seulement la quantité d’eau mais également de garantir sa qualité. Les enjeux économiques et écologiques apparaissent alors comme une incitation à la responsabilisation de chacun de nous quant au respect de l’eau. Cet enjeu éco-logique apporte une véritable réponse à la question du pourquoi économiser l’eau.  En voici la preuve.

 

La ressource « eau » n'est pas inépuisable en quantité. Dans certaines régions, après avoir tari les nappes superficielles, on puise aujourd'hui dans des nappes très profondes constituées après des millions d'années. Cette ressource se dégrade également en qualité car elle nécessite de plus en plus de traitements du fait d'une ressource de plus en plus polluée par l'agriculture, l'élevage et l'industrie. Aujourd’hui, économiser l'eau permettrait de réduire le budget de l'Etat et des collectivités locales c’est-à-dire vos impôts. Economiser l'eau réduirait les impôts locaux grevés par des impayés de charge en hausse constante. Economiser l'eau permettrait à chaque foyer de disposer d'un pouvoir d'achat supplémentaire. Sachez que l'augmentation des charges locatives conduit vers une véritable fracture sociale. Avec des charges supérieures aux loyers, des milliers de familles ne peuvent plus payer les charges eau et énergie. La dette globale des impayés est transférée par les gestionnaires sociaux aux Conseils Généraux et apurée encore une fois via vos impôts locaux.

Economiser l’eau comment ?  

De gratuite ou forfaitaire il y a encore quelques années, c'est un prix moyen de 3 €/m³ qu'il faut débourser aujourd’hui avec des pointes à 6 euros. Au prix de l'eau il faut ajouter une moyenne de 6 €/m³ uniquement pour chauffer l'eau en fonction de l'énergie fossile (gaz ou fioul) ou électrique (nucléaire) utilisée avec, en ordre croissant du moins cher : énergie solaire, gaz naturel, fioul, électricité heures creuses jusqu'au plus cher : butane/propane, électricité heures pleines. En habitat, le total : eau froide + énergie pour chauffer l'eau représente la majeure partie des charges. Comment économiser ? Tout simplement en équipant vos robinets, vos douches et vos WC de matériels dits économiseurs d'eau. Ces matériels existent depuis près de 20 ans et sont largement utilisés dans des pays à forte conscience écologique (Europe du Nord). A priori, la municipalité de Meyrargues a agi dans ce sens en investissant dans l’achat de matériels hydro-économes. Mais à ce jour, on ne connaît ni le montant de cet investissement ni l’économie d’eau que cet investissement peut générer. Pour que cette installation de matériels économiseurs d’eau soit efficace, il faut également rationnaliser la consommation d’eau. Or, aujourd’hui, la municipalité mobilise un véhicule et deux personnes du service technique avec deux moteurs thermiques qui tournent en permanence pour arroser l’ensemble des bacs de fleurs. Quel est le volume d’eau dépensé pour l’arrosage des fleurs, avec quels moyens et sur quel budget ? Certes, un village fleuri c’est magnifique. Cependant n’aurait-il pas été plus éco-logique de rationaliser le nombre de jardinières par rapport à la consommation d’eau ou d’opter pour un type de plantation moins gourmand en eau ? Rappelez-vous que nos élus avaient décidé de pomper l’eau dans le canal EDF pour alimenter le Grand Vallat et cela quelques jours avant les inondations. Quel a été le coût d’une telle opération ? Quelle est la quantité d’eau ainsi gaspillée ? Si on tient tellement à la beauté du Grand Vallat, pourquoi alors aujourd’hui ce ruisseau est-il laissé à l’abandon ? L’herbe pousse dans le ruisseau sans limite et attire les moustiques et les rats, de sorte qu’il devient impossible de rester plus de 30 minutes au parc d’enfants. Les bêtes nuisibles ajoutées aux odeurs d’égouts ne peuvent que dégrader la qualité de l’eau du Grand Vallat. Certes, la rareté de l’eau est une préoccupation majeure mais la pollution de l’eau est encore davantage préoccupante. A quand un diplôme pour récompenser  la municipalité du bon entretien du cours d’eau ?
                       
                   

          
 
                  

Publié dans : Infos en continu - Par G.Bougi
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